La résection transurétrale de la prostate (RTUP) représente aujourd’hui l’intervention de référence pour traiter l’hyperplasie bénigne de la prostate. Cette technique chirurgicale mini-invasive permet de soulager efficacement les troubles urinaires qui impactent le quotidien de nombreux hommes après 50 ans. Si votre médecin vous a proposé cette intervention, il est naturel de vouloir comprendre précisément de quoi il s’agit et comment elle se déroule.
Qu’est-ce que la RTUP : définition et principe
La RTUP est une intervention chirurgicale qui consiste à retirer une partie du tissu prostatique qui obstrue l’urètre. Imaginez la prostate comme un beignet qui entoure un tuyau (l’urètre) : quand le beignet grossit avec l’âge, il comprime le tuyau et gêne l’écoulement de l’urine.
Cette technique endoscopique présente l’avantage majeur de ne nécessiter aucune incision externe. Le chirurgien accède à la prostate par les voies naturelles, en passant par l’urètre. Un instrument appelé résecteur, muni d’une anse électrique, permet de découper et d’évacuer les tissus prostatiques excédentaires sous contrôle visuel direct.
Contrairement à d’autres approches comme la prostatectomie ouverte, la RTUP préserve l’intégrité de la capsule prostatique et évite les complications liées aux grandes incisions abdominales. Elle se différencie aussi des techniques laser plus récentes par son coût moindre et sa disponibilité dans la plupart des centres hospitaliers.
Déroulement de l’intervention RTUP étape par étape

La préparation commence plusieurs jours avant l’intervention. Votre équipe médicale effectue un bilan sanguin complet et peut demander l’arrêt temporaire de certains médicaments, notamment les anticoagulants. Un examen des urines vérifie l’absence d’infection urinaire qui pourrait compromettre l’intervention.
Le jour de l’opération, l’intervention se déroule sous anesthésie rachidienne ou générale selon votre état de santé. Le chirurgien introduit le résectoscope par l’urètre jusqu’à la prostate. Cet instrument combine une caméra haute définition et une anse de résection électrique qui permet de découper le tissu prostatique en copeaux.
Technique opératoire détaillée
L’intervention RTUP suit un protocole précis. Le chirurgien visualise d’abord l’anatomie interne grâce à l’optique du résectoscope, puis procède à la résection par petites sections. Les copeaux de tissu sont évacués en continu par un système d’irrigation. Cette étape minutieuse dure généralement entre 45 minutes et 1h30 selon le volume de prostate à traiter.
Une hospitalisation de 2 à 4 jours est habituellement nécessaire. Durant cette période, une sonde urinaire reste en place pour permettre la cicatrisation et évacuer les éventuels caillots sanguins.
Indications et candidats pour une RTUP
L’hyperplasie bénigne de la prostate constitue la principale indication de cette intervention. Lorsque l’augmentation naturelle du volume prostatique avec l’âge entraîne des symptômes gênants, la chirurgie devient nécessaire pour retrouver un confort urinaire.
Les symptômes justifiant une RTUP incluent des difficultés à uriner, un jet faible, des envies fréquentes jour et nuit, ou une sensation de vidange incomplète de la vessie. Ces troubles, mesurés par des questionnaires spécialisés et des examens complémentaires, doivent être suffisamment invalidants pour justifier une intervention.
Critères de sélection des patients
Les candidats idéaux présentent un volume prostatique entre 30 et 80 grammes, un état général compatible avec une anesthésie et des symptômes résistants au traitement médical. L’âge ne constitue pas une contre-indication absolue, mais l’espérance de vie doit être suffisante pour bénéficier des résultats à long terme.
Les alternatives thérapeutiques comme les médicaments alpha-bloquants ou les inhibiteurs de 5-alpha-réductase sont généralement tentées en première intention. Si ces traitements s’avèrent insuffisants après 6 à 12 mois, la chirurgie devient l’option recommandée.
Suites opératoires et récupération après RTUP

Les premiers jours suivant l’intervention nécessitent une surveillance attentive. La sonde urinaire, maintenue 24 à 72 heures, peut occasionner un inconfort temporaire. Il est normal d’observer du sang dans les urines pendant quelques semaines : c’est le signe que la cicatrisation se déroule normalement.
L’éjaculation rétrograde représente la conséquence la plus fréquente de la RTUP. Ce phénomène, qui touche 70 à 80% des patients, se caractérise par l’absence d’éjaculation visible lors des rapports. Bien qu’impressionnant, il ne compromet ni le plaisir ni la fonction érectile.
Conseils pour une récupération optimale
Durant les premières semaines, évitez les efforts physiques intenses et la conduite automobile. Buvez abondamment (2 à 3 litres par jour) pour faciliter l’évacuation des résidus de cicatrisation. La reprise progressive des activités se fait généralement après 3 à 4 semaines.
| Période | Recommandations |
|---|---|
| J0 à J3 | Repos, surveillance hospitalière, sonde en place |
| J3 à J15 | Éviter les efforts, boire beaucoup, urines sanglantes normales |
| J15 à J30 | Reprise progressive, consultation de contrôle |
| Après J30 | Activités normales, évaluation des résultats |
L’incontinence urinaire transitoire peut survenir chez 10 à 15% des patients mais se résout généralement en quelques semaines avec une rééducation périnéale adaptée.
Avantages et risques de la chirurgie RTUP
Les bénéfices de la RTUP sur les symptômes urinaires sont remarquables. Plus de 85% des patients constatent une amélioration significative de leur qualité de vie dans les mois suivant l’intervention. Le jet urinaire retrouve sa force, les envies nocturnes diminuent et la sensation de vidange complète de la vessie revient.
Cette technique présente l’avantage d’être parfaitement maîtrisée par les urologues, avec un recul de plusieurs décennies d’utilisation. Son coût raisonnable et sa prise en charge complète par l’assurance maladie en font une option accessible à tous les patients.
Complications rares mais à connaître
Bien que peu fréquentes, certaines complications méritent d’être mentionnées. Le syndrome de réabsorption, lié à l’irrigation abondante durant l’intervention, peut exceptionnellement survenir. Les infections urinaires post-opératoires restent possibles mais se traitent efficacement par antibiotiques.
Comparée aux techniques plus récentes comme l’HOLEP (énucléation laser) ou les lasers de vaporisation, la RTUP offre des résultats équivalents avec une expérience chirurgicale plus importante. Si les nouvelles technologies promettent moins de saignements, le choix dépend souvent de l’expertise locale et des caractéristiques individuelles de chaque patient.
Vers une amélioration durable de votre qualité de vie
La RTUP constitue une solution éprouvée pour retrouver un confort urinaire optimal. Cette intervention, bien que nécessitant une hospitalisation courte, permet de résoudre durablement les troubles liés à l’hyperplasie bénigne de la prostate. N’hésitez pas à échanger longuement avec votre urologue sur vos attentes et vos préoccupations : une décision éclairée est toujours la meilleure décision pour votre santé.
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